Mélie FRAISSE

Photo Mélie FRAISSE
Photo Nicolas Despis

La chair rugueuse d’une électro organique parfois saturée, une voix fragile pour une pop immersive en dentelle.

Les huitres, l’art modeste, les origines italiennes de la cuisine et des gens, l’exubérance et l’impudeur sonore, les spectacles de musique et de danse chaque été avec les cousins : c’est à Sète, les pieds dans la mer, sous le regard de Brassens et Paul Valéry qu’elle nourrit un respect pour le mot populaire. Ses passages dans les conservatoires et autres grandes maisons finissent de bâtir la colonne vertébrale de ce qui sera son esthétiques musicale, pour les autres et aujourd’hui pour elle.

Elle nourrit ses influences dans la sensualité, les profondeurs de la matière sonore et de l’écriture musicale, la transe et l’envoutement.

Une poésie dans un cynisme doux, des chansons sur la vie, traitées par des atmosphères, des couleurs, des ambiances. Un mot souvent revient : Mélancolie, celle que l’on refuse parfois mais que l’on aime doucement.

Mélie Fraisse est tout d’abord le nom de l’artisan ; musicienne, violoniste et chanteuse. Compositeur pour le théâtre et l’image. Elle découvre la scène et le studio puis l’écriture en collaboration avec d’autres artistes. L’entrée au CNSM dans la classe de Formation Supérieure aux Métiers du Son, marque sa bifurcation de la musique classique vers les musiques dites ‘actuelles’, vers le son, sa forme, sa couleur, vers l’énergie des infrabasses et des parties pulsées des ‘drums’. Sa fascination pour les synthétiseurs, plus qu’un outil, un instrument polymorphe, qui à chaque nouveau son, se meut dans un autre instrument qu’il va falloir jouer avec un autre geste, lui permet de façonner au fil du temps, d’abord pour les autres puis ensuite pour elle, une esthétique qui lui est propre.

Son projet électro melodic orchestra reflète son amour pour la chanson pop, populaire, accessible, que l’on aime fredonner, sa passion pour les couleurs électroniques denses et parfois saturées, l’amour de l’écriture orchestrale et ses arrangements en ramifications et profondeur, le violon, sa connaissance technique et sa forte connotation, le tout dans un descriptif puissant d’ambiances filmiques.

L’EP, GÉNÈSE, COULEUR

C’est tout d’abord un travail en solitaire dans le laboratoire électronique, une recherche de sons de synthétiseurs, l’écriture, parfois à la table, des arrangements, l’enregistrement des violons et autres interventions instrumentales acoustiques, des chœurs et de toutes les strates de cette écriture ramifiée, quand poser un micro devient un geste artistique, choisissant la couleur, l’effet de la matière sonore. Le tout en accord avec le texte, cette poésie dans l’autre langue, celle à la rythmique intégrée, l’anglais de toutes ces musiques de cœur qui ont bercé nos oreilles en développement. Un texte là pour le récit et l’humeur, qui se baigne dans l’univers illustratif musical pour décrire la vie d’une femme souvent, d’une génération parfois, ces mots qui s’enroulent musicalement.

C’est en fin de travail que la dernière couche esthétique est portée. Le geste musical de Frédéric Soulard (MAESTRO), sa couleur de mixage, ses programmations électro, sa pâte en finesse apporte la french touch finale.


The Decay


Sélection du jury 2018